Community Member Bio: Jean Paul Kendele, Jacob Kedjewe, Isaac Ngoleng & Esaie Tahbai, Tchouvok community (Cameroon) Part Two

This week on the ELAR blog, ELDP grantee Dadak Ndokobai interviews four language consultants who are working with him to document the Cuvok language in Cameroon.

Interview de Kendele Jean Paul

Peux-tu brièvement parler de toi et de ta langue?

« Je suis né à Tchouvok et je m’appelle Kendele Jean Paul. J’ai 37 ans  marié et père de 6 enfants. Je suis forgeron et ma mère est la sagefemme du village qui fait accoucher les femmes enceintes.  J’ai arrêté les études très tôt faute des moyens financiers. J’aime ma langue maternelle et je suis moniteur d’alphabétisation je suis l’un des consultants qui travaillent beaucoup avec le linguiste pour l’aide dans l’analyse des données récoltées »

Est-ce que votre langue est encore parlée par tout le monde dans la communauté?

« Ma langue le cuvok est parlée dans ma communauté même si certaines personnes commencent à mélanger avec le fulfulde qi domine dans la région comme langue de communication »

Comment est-ce que ce projet de documentation de ta langue a commencé?

« Le projet a commencé en  2014 quand le linguiste Ndokobai Dadak est et a choisi des personnes pour l’aider dans le travail. Puis il nous a formé pour filmer, enregistrer, utiliser l’ordinateur. En linguistique, j’ai appris comment faire la traduction, récolter les mots, entrer les vocabulaires dans le dictionnaire. J’ai aussi été formé en alphabétisation comme moniteur pour enseigner les gens qui veulent lire et écrire en langue. Avant de commencer le travail nous avons discuté de notre compensation qui est faite par heure de travail et je peux aider ma famille»

Peux-tu nous parler des personnes qui travaillent dans le projet

«Tout le village est très content du projet et presque tout le monde contribue d’une manière ou d’une autre à son fonctionnement.  Pour nous qui se retrouver chaque matin pour travailler avec le linguiste, nous sommes payés par heure de travail et nous sommes plus d’une dizaine : Ndokobai Dadak, Ngecmey, Tahbai Esaie, Kedjewe Jacob, Tahbai pierre, Ngoleng, Kabai Robert, Abdou Nasoudam, Mtsila , Kendele Jean Paul, Kamtsafa Meverkede, Kebehey Maslamta, Dabla Kebehey, Ltouteved Ezechiel, Kawake paul, Kusek Kezelmey. Nous sommes tous des personnes de Tchouvok mélangés entre forgerons et les non-forgerons.»

Quel type de formation avez –vous reçu en linguistique et dans le domaine de la documentation linguistique?

« J’ai été formé comme assistant de linguiste dans le domaine de film, d’enregistrement. Je suis aussi formé pour aider le linguiste dans le dépouillement des données obtenues. J’acquis des compétences dans le domaine linguiste pour faire entrer les mots dans le lexique, chercher les mots pour mieux décrire les activités des forgerons qui travaillent dans la forge, comme sage-femme ou comme croque-mort. Je suis moniteur dans les classes d’alphabétisation. »

Que penses-tu de ce projet?

« Je pense que  ce projet est le début de développement de notre langue et de notre communauté qui est restée longtemps dans le sous-développement. Sur le plan personnel le projet m’a donné du travail pour nourrir ma famille. »

Quel impact croyez-vous que ce projet va avoir / a eu sur la communauté?

« Ce projet a permis aux frères qui n’ont pas été à l’école de bénéficier des classes d’alphabétisation faites par les bénévoles que nous sommes. Apres notre travail avec le linguiste, nous consacrons notre soirée à leur enseigner comment lire et écrire en cuvok. Ce projet a permis à certaines personnes qui n’ont jamais vu l’électricité de la découvrir à travers le groupe électrogène que le projet a acheté pour notre travail. Le projet a donc un impact positif sur la communauté.»

Quel est votre mot ou phrase favori dans votre langue et pourquoi?

« Mon mot favori est  [sagam]   «nom du pot sacrificiel ». Ceci est important pour moi parce qu’avant la documentation sur le rôle des forgerons je ne savais pas ce que c’est mais maintenant je peux bien l’expliquer aux autres.  Le [sagam] permet de maintenir la relation entre les vivants et nos ancêtres qui sont dans le monde spirituel. »

Quelle a été la meilleure chose à propos de votre implication dans le projet d’ELDP?

« Ma formation est en utilisation de l’ordinateur est très important pour moi. Si jamais ce projet finit et qu’un autre projet arrive chez nous, je suis certain que je pourrai être employé. La compensation que je reçois me permet de payer l’école de mes enfants »

Quels sont vos espoirs pour le devenir de votre langue

« Mon espoir est que notre langue soit bien étudiée et que nos enfants qui commencent à mélanger la langue avec les autres langues arrivent bien lire et écrire le cuvok »

 

Interview de Kedjewe Jacob

Peux-tu brièvement parler de toi et de ta langue?

« Né à Tchouvok, je m’appelle Kedjewe Jacob. Je suis né en 1971,  marié et père de 7 enfants. Je suis allé à l’école juste pendant 4 années et les conditions de la vie m’ont obligé à abandonner les études. Ma langue, je la parle bien et je voudrais qu’elle soit bien gardée»

Est-ce que votre langue est encore parlée par tout le monde dans la communauté?

« Presque tout le monde parle bien la langue mais pour trouver ceux qui parlent bien la langue il faut aller dans les quartiers comme ceux de Balyak et Meklek. Dans les autres quartiers, les gens mélangent la langue avec d’autres langues à cause de la proximité avec les autres peuples qui parlent des langues dominantes comme le Mafa, le fulfuldé »

Comment est-ce que ce projet de documentation de ta langue a commencé?

« Le projet a commencé en 2014 avec la formation des consultants que nous sommes. Le linguiste nous a expliqué le travail et nous avons accepté de travailler avec lui pour mieux l’aider dans la documentation de notre langue et culture»

Peux-tu nous parler des personnes qui travaillent dans le projet

«Beaucoup de personnes travaillent dans ce projet : Ndokobai Dadak,  Ltouteved Ezechiel, Tahbai pierre, Ngecmey, Ngoleng, Kabai Robert, Abdou Nasoudam, Mtsila , Kendele Jean Paul, Kamtsafa Meverkede, Kebehey Maslamta, Dabla Kebehey, Kusek Kezelmey, Tahbai Esaie , Kawake paul. Pour mieux l’aider dans le travail, il a choisi les personnes qui sont forgerons et d’autres qui sont des non forgerons. Tout le monde travaille bien et nous sommes content que de progrès est fait dans le travail.»

Quel type de formation avez –vous reçu en linguistique et dans le domaine de la documentation linguistique?

« En linguistique ma formation a consisté en la collectes des données, dépouillement, la connaissance des sur la grammaire, l’orthographe et alphabétisation. Faire de vidéo et guider le chercheur principal lors de nos descentes sur le terrain pour faire des enregistrements. »

Que penses-tu de ce projet?

« Au début je pensais à une blague car je n’ai pas de grandes études, mais maintenant je trouve ce projet autrement. J’arrive à contribuer et je peux déjà bien lire et écrire. Avant je pensais que ceux qui utilisent l’ordinateur sont des « sorciers », mais aujourd’hui moi je peux aussi travailler cet appareil.

Quel impact croyez-vous que ce projet va avoir / a eu sur la communauté?

« L’impact positif de ce projet c’est d’avoir permis à beaucoup de personnes au village de gagner leur pain quotidien en leur donnant un travail temporaire. C’est aussi le fait d’avoir permis à ceux qui étaient analphabètes de pouvoir lire et écrire. Je suis le fruit de l’impact positif de ce projet notre grand problème aujourd’hui c’est le manque d’eau dans notre village. Si ce projet pouvait nous aider à réaliser de points d’eau nous serions davantage reconnaissants. Le projet permet aussi de sensibiliser les gens de villages pour envoyer les enfants et surtout les jeunes filles à l’école. Nous observons déjà au village quelques filles qui vont à l’école.»

Quel est votre mot ou phrase favori dans votre langue et pourquoi?

« Mon mot favori est  [ɗaf]   «boule de mil ».le [ɗaf] est notre principal repas et il est consommé chaque jour dans le village. Il est fait à baisse de la farine de mil. C’est mon mot favori car c’est grâce à cela que je suis vivant. Dans notre village il n’y a pas de variété dans notre façon de nous nourrir. Nous mangeons le [ɗaf] à chaque repas.  »

Quelle a été la meilleure chose à propos de votre implication dans le projet d’ELDP?

« Savoir lire et écrire en langue maternelle est ma meilleure depuis que je suis dans le projet d’ELDP.»

Quels sont vos espoirs pour le devenir de votre langue

« Si Dieu le permet je voudrais que tout le monde parvient à bien lire et écrire le cuvok. Mon espoir c’est l’étude de la langue qui est en train d’être fait puisse nous aider à nous développer et nous sortir de l’analphabétisme »

Kadama, a language consultant, showing a spiritual pot representing the spirit of a deceased person

Interview de Ngoleng Isaac

Peux-tu brièvement parler de toi et de ta langue?

«Moi  je m’appelle Ngoleng Iaac. Je suis né en 1974 et Je ne suis jamais allé à l’école. J’ai seulement appris à lire et à ecrire dans les classes d’alphabétisation en fulfulde et lorsque le projet sur le cuvok est venu j’ai appris à lire et à écrire le cuvok. Aujourd’hui je suis moniteur. Je suis marié et père de 4 enfants.»

Est-ce que votre langue est encore parlée par tout le monde dans la communauté?

« Oui les gens parlent le cuvok dans ma communauté mais certaines personnes ne parlent pas bien. »

Comment est-ce que ce projet de documentation de ta langue a commencé?

« Le projet a commencé par la formation des consultants que nous sommes. Je me rappelle c’est en 2014, lorsque Ndokobai Dadak est venu nous avons commencé le travail.»

Peux-tu nous parler des personnes qui travaillent dans le projet

«Nous travaillons en groupe et il y a beaucoup de travail dans le projet. Je travaille chaque jour avec  Ndokobai Dadak, Kedjewe Jacob,  Ltouteved Ezechiel, Tahbai pierre, Ngecmey, Kabai Robert, Abdou Nasoudam, Mtsila , Kendele Jean Paul, Kamtsafa Meverkede, Kebehey Maslamta, Dabla Kebehey, Kusek Kezelmey, Tahbai Esaie , Kawake paul.  Les autres comme moi sont très content d’aider dans ce projet.»

Quel type de formation avez –vous reçu en linguistique et dans le domaine de la documentation linguistique?

« Je suis formé pour trouver les mots et ajouter au lexique. Je connais un peu comment utiliser l’ordinateur et filmer avec les appareils photo. Ma connaissance du français est très limité et Ndokobai Dadak doit tout m’expliquer en fulfulde ou en cuvok pour comprendre, c’est pourquoi cela prend de temps pour apprendre »

Que penses-tu de ce projet?

« Je pense que ce projet est le bienvenu chez les Tchouvok il est en train de nous aider dans le domaine financier et de la connaissance de notre langue et culture. »

Quel impact croyez-vous que ce projet va avoir / a eu sur la communauté?

« Moi je peux lire et écrire déjà sans aller à l’école classique, donc je crois que le projet a un impact positif. A la fin du projet je crois que notre communauté aura une attitude positif envers notre langue.»

Quel est votre mot ou phrase favori dans votre langue et pourquoi?

« Mon mot favori est  [ɬàw], viande. La viande est très importante car dans notre village, manger la viande est synonyme de bonne vie. Il n’est pas possible de pouvoir manger la viande ici à tout moment. La possibilité de manger la viande s’offre à chaque ménage seulement une ou deux fois par an. »

Quelle a été la meilleure chose à propos de votre implication dans le projet d’ELDP?

« Lire et écrire en ma langue est la meilleure chose que j’ai eu depuis mon implication dans le projet d’ELDP »

Quels sont vos espoirs pour le devenir de votre langue

« J’espère que la langue cuvok sera étudiée à l’école un jour. »

A blacksmith in his forge teaching his son how to set a forge in order to work on metals to obtain hoes and sickles

Interview de Tahbai Esaie

Peux-tu brièvement parler de toi et de ta langue?

« Je m’appelle Tahbai Esaie et  J’ai 40 ans. Je suis né àTchouvok de clan Maryam, fils d’un forgeron.   Je suis marié et père de 6 enfants. J’ai abandonné les études au CM2 après la mort de mon père faute de pouvoir payer les frais scolaires.  Je suis moniteur pour la langue cuvok et je la parle bien »

Est-ce que votre langue est encore parlée par tout le monde dans la communauté ?

« La langue cuvok est parlée mais à certains endroits les gens mélangent avec le fulfulde »

Comment est-ce que ce projet de documentation de ta langue a commencé?

« Le projet a commencé lorsque Ndokobai Dadak est venu et nous a formé pour l’aider dans le travail. Lorsqu’il a expliqué qu’il s’agit de documenter notre langue nous avons accepté avec joie»

Peux-tu nous parler des personnes qui travaillent dans le projet

«je travaille dans ce projet en compagnie des autres personnes du village qui sont : Ndokobai Dadak, Kedjewe Jacob,  Ltouteved Ezechiel, Tahbai pierre, Ngecmey, Ngoleng, Kabai Robert, Abdou Nasoudam, Mtsila , Kendele Jean Paul, Kamtsafa Meverkede, Kebehey Maslamta, Dabla Kebehey, Kusek Kezelmey, Tahbai Esaie , Kawake paul. Tout le monde connait la langue et la culture du village. Nous sommes mélangés entre les forgerons et les non forgerons.»

Quel type de formation avez –vous reçu en linguistique et dans le domaine de la documentation linguistique?

« J’ai été formé pour transcrire les paroles dans les enregistrement. Je peux aussi filmer en audio et vidéos pour aider le linguiste lorsqu’il ne peut pas prendre part à la scène »

Que penses-tu de ce projet?

« Moi en tant que forgeron, je pense que le projet est très important dans la mesure où il va documenter les rôles des forgerons dans notre société. Le projet en faisant cette documentation va permettre la sauvegarde et la transmission de ces rôles-clés que jouent les forgerons dans notre communauté »

Quel impact croyez-vous que ce projet va avoir / a eu sur la communauté?

« Grâce à ce projet, même la manière de vivre au village a changé positivement beaucoup de personnes savent lire et ecrire.»

Quel est votre mot ou phrase favori dans votre langue et pourquoi?

« Mon mot favori est  [yàm]   «eau ». Le mot « yam »est très important pour moi l’eau c’est la vie et l’eau est très rare dans notre village. Je me lève très tôt le matin pour aller chercher l’eau à de kilomètres de mon village. »

Quelle a été la meilleure chose à propos de votre implication dans le projet d’ELDP?

« Lire et écrire en cuvok est mon grand bien depuis que je suis dans ce projet d’ELDP. »

Quels sont vos espoirs pour le devenir de votre langue

« Mon espoir c’est voir toute la communauté Tchouvok sortir de l’analphabétisme je souhaite que la langue ne puisse pas disparaitre faute de ceux qui pourront la parler. J’espère qu’avec la recherche en cours, elle sera utilisé dans nos écoles comme langue d’enseignement »

A blacksmith making pots in her workshop

Thank you, Dadak, Jean Paul, Jacob, Isaac, and Esaie! To learn more about this project and the Cuvok language, visit the ELAR catalogue at: https://elar.soas.ac.uk/Collection/MPI663110

 

Community Member Bio: Pierre Tahbai, Ezechiel Ltouteved & Felix Amadou, Tchouvok community (Cameroon) Part One

This week on the ELAR blog, ELDP grantee Dadak Ndokobai interviews three language consultants who are working with him to document the Cuvok language in Cameroon. This blog post has been split into two parts; the second part will post next week on the ELAR blog.

Interview de Tahbai, Pierre

Peux-tu brièvement parler de toi et de ta langue?

« Je m’appelle Tahbai Pierre, consultant dans le projet de documentation de la langue Cuvok. Je suis né vers 1981 et je suis père de 7 enfants. Je suis né à Tchouvok et j’ai fait des études jusqu’en classe de 5e car je ne pouvais pas continuer faute de moyens et il n’y avait pas d’école secondaire dans mon village.  J’aime ma langue le cuvok et je la parle très bien. Je suis content du fait que la langue cuvok se développe et nous avons des documents écrits en notre langue aussi. »

Est-ce que votre langue est encore parlée par tout le monde dans la communauté?

« Les gens parlent la langue mais les jeunes d’aujourd’hui commencent à mélanger avec le français et surtout avec le fulfulde.  Dieu merci notre langue est de plus en plus développée et nous avons un système d’écriture. Nous pensons qu’avec les efforts de sensibilisation, les gens trouveront le moyen de parler notre langue. »

Comment est-ce que ce projet de documentation de ta langue a commencé ?

« Le projet a commencé en 2014 lorsque le linguiste Ndokobai Dadak est venu nous parler de la documentation de la langue cuvok et des rôles des forgerons. Au début nous ne comprenions pas ce qu’il voulait faire. Il a commencé par les réunions avec les gens au village et par la formation d’une dizaine de personnes qui sont devenues aujourd’hui les personnes clé du projet. »

Peux-tu nous parler des personnes qui travaillent dans le projet

« Il y a beaucoup de personnes avec qui nous travaillons dans le projet. Je peux citer de mémoire le linguiste Ndokobai Dadak, Kedjewe Jacob, Ltouteved Ezechiel, Tahbai pierre, Ngecmey, Ngoleng, Kabai Robert, Abdou Nasoudam, Mtsila , Kendele Jean Paul, Kamtsafa Meverkede, Kebehey Maslamta, Dabla Kebehey, Kusek Kezelmey, Tahbai Esaie , Kawake paul. Ils sont tous motivés et veulent voir leur langue développée ainsi que la documentation du rôle du forgeron qui est en danger à cause du modernisme et des contacts avec les autres peuples. Nous sommes bien organisés t bien formés par le linguiste pour l’assister dans le projet de documentation »

Quel type de formation avez –vous reçu en linguistique et dans le domaine de la documentation linguistique ?

« Moi j’ai reçu la formation sur la collecte des données pour faire le dictionnaire, le linguiste nous a aussi formé sur comment enregistrer en audio et vidéo. Ainsi lorsqu’il est occupé avec d’autres taches moi je fais les photos et les enregistrements. Nous avons aussi recu de formation sur la gestion de classe d’alphabétisation, comment rédiger un texte en langue maternelle. »

Que penses-tu de ce projet ?

« Je pense que ce projet est venu au moment indiqué. Je pense qu’il va transformer notre communauté car le système d’écriture et les brochures disponibles permettent déjà aux gens de lire et écrire en langue maternelle. Je pense aussi que le projet va beaucoup durer pour nous aider à développer notre village. »

Quel impact croyez-vous que ce projet va avoir / a eu sur la communauté?

« Ce projet a déjà beaucoup changé dans notre communauté. Avant ce projet, le rôle du forgeron n’était pas bien connu et tendait vers la disparition totale. Avec ce projet, nous qui travaillons avec le linguiste avons  beaucoup appris sur le rôle capital que joue le forgeron dans notre société.  Les classes d’alphabétisation sont organisées et il y a beaucoup de personnes qui peuvent lire et écrire en cuvok. Nous espérons que ce projet pourra durer et nous permettre de passer de la connaissance de notre langue à la langue française pour découvrir le monde. »

Quel est votre mot ou phrase favori dans votre langue et pourquoi ?

 « L’expression qui est favorite pour moi est [mándzàh fá ɬàm ánà]   «  la vie en commune». J’aime cette expression car la vie vécue ensemble apporte beaucoup en ce sens cela favorise l’apprentissage. J’ai expérimenté cela dans le cadre de ce projet. »

Quelle a été la meilleure chose à propos de votre implication dans le projet d’ELDP ?

« Beaucoup de choses m’ont plu depuis que je suis impliqué dans ce projet d’ELPD : l’étude de la langue, découverte de certains aspects de ma culture.  Sur le plan personnel, il y a l’aspect financier qui a permis de résoudre beaucoup de mes problèmes. Avec l’argent du projet que je reçois j’arrive à envoyer mes enfants à l’école. Le projet est un grand soulagement et je prie que ce projet continue encore pour aider dans le village car ici nous n’avons pas d’emploi pour gagner notre pain. »

Quels sont vos espoirs pour le devenir de votre langue

« J’espère que la langue cuvok va se développer et jouer un rôle dans la communication comme les autres langues qui sont autour de nous. J’espère pouvoir avoir la grammaire dans notre langue très bien quand le linguiste va finir son travail. Nous espérons avoir d’autres projets pour définitivement développer notre langue. »

Mtsila, one the oldest Tchouvok blacksmiths, using the mathematical language for divination

Interview de Ltouteved, Ezechiel

Peux-tu brièvement parler de toi et de ta langue?

« Je suis Ltouteved Ezechiel , consultant dans le projet de documentation de la langue Cuvok. J’aide le linguiste Ndokobai Dadak dans le projet. Je suis né vers 1976 et je suis père de 4 enfants. Je suis né à Tchouvok et j’ai fait des études jusqu’en classe de 6e  et j’ai arrêté les études fautes des moyens financiers.  Je suis content de parler ma langue maternelle et je suis mecontent quand je vois comment les enfants ne parlent plus bien la langue. »

Est-ce que votre langue est encore parlée par tout le monde dans la communauté?

« Notre  langue est encore parlée par certaines personnes d’autres personnes parlent beaucoup plus le fulfulde car ils veulent communiquer avec les Mafa et les Mofu qui sont autour de notre village. »

Comment est-ce que ce projet de documentation de ta langue a commencé?

« Le projet a commencé en août 2014 quand le linguiste Ndokobai Dadak est venu nous parler d’un projet. Au début nous pensions au projet de réparation de route ou d’adduction d’eau, mais après il nous expliqué lors de la première réunion qu’il s’agissait de développer notre langue et notre culture. Nous avons accepté cela avec joie.  Après il nous a formé pour l’aider dans le travail. »

Peux-tu nous parler des personnes qui travaillent dans le projet

«Pour ce projet, il y a beaucoup des gens qui apportent leur contribution, mais je peux citer les personnes qui travaillent chaque avec le linguiste pour la documentation. Il y a le linguiste Ndokobai Dadak, Kedjewe Jacob, Tahbai Esaie, moi-même  Ltouteved Ezechiel, Tahbai pierre, Ngecmey, Ngoleng, Kabai Robert, Abdou Nasoudam, Mtsila , Kendele Jean Paul, Kamtsafa Meverkede, Kebehey Maslamta, Dabla Kebehey, Kusek Kezelmey, , Kawake Paul. Nous vivons tous au village et nous sommes contents de travailler pour notre langue. Kendele jeanPaul et moi Ltouteved avons reçu une bonne formation qui nous permet de travailler avec le linguiste même à Maroua. »

Quel type de formation avez –vous reçu en linguistique et dans le domaine de la documentation linguistique?

« J’ai été formé pour aider le linguiste dans la récolte des données qui sont les mots, les phrases et mes des textes, dans la transcription. Le linguiste m’a formé pour utiliser les appareils pour enregistrer et filmer. Je sais déjà aussi lire et écrire ma langue. Je suis moniteur dans les classes d’alphabétisation. »

Que penses-tu de ce projet?

« Je pense que  le projet Tchouvok est un bon projet. Le projet nous aide beaucoup dans le domaine financier et permet aussi le développement de notre langue. »

Quel impact croyez-vous que ce projet va avoir / a eu sur la communauté?

 « Le projet a apporté les classes d’alphabétisation dans notre village et beaucoup de gens savent déjà lire et écrire. Comme nous sommes dans une zone à faible éducation, le projet va beaucoup aider les gens du village pour apprendre la lecture. Si ce projet dure encore un peu, le village Tchouvok va se développer. On peut déjà charger nos téléphones au village grâce au groupe électrogène qui fournit l’électricité »

Quel est votre mot ou phrase favori dans votre langue et pourquoi?

« Le mot favori est  [meʃeʃərkey]   «  le fait d‘apprendre». Ce mot me plait car j’ai beaucoup appris avec l’arrivée de ce projet. A travers ce projet je comprends que même si l’on est déjà adulte, on peut apprendre de bonnes choses. »

Quelle a été la meilleure chose à propos de votre implication dans le projet d’ELDP?

 « Je peux déjà manipuler l’ordinateur alors qu’avant je n’ai jamais imaginé toucher à cet appareil magique »

Quels sont vos espoirs pour le devenir de votre langue

« Mon désir pour la langue cuvok est que celle-ci soit développée, avec un bon système d’écriture. Que ma langue soit connue dans le monde entier et d’autres personnes s’intéressent à ma langue pour avoir d’autres projets pour aider à nous développer »

A blacksmith carrying a pot of millet beer to pour after the burial ceremony of someone who died in the village

Interview d’ Amadou, Felix

Peux-tu brièvement parler de toi et de ta langue?

 « Je m’appelle Amadou Felix, né vers 1981 dans une famille polygame. J’ai fait des études jusqu’en 4 e année de l’enseignement technique. Je suis né dans le quartier Wampa à la frontière avec les gens qui parlent la langue Mofu. Je suis veuf et père de 2 enfants. »

Est-ce que votre langue est encore parlée par tout le monde dans la communauté?

 « Oui la langue cuvok est parlée mais il y a de mélange avec le fulfuldé, une langue que tout le monde parle dans notre région ainsi lorsque nous allons au marché, nous ne pouvons plus parler notre langue. »

Comment est-ce que ce projet de documentation de ta langue a commencé?

 « en 2014, le chef de village a fait appel à moi pour aider Ndokobai Dadak dans un travail sur la langue cuvok. Je pense qu’ils m’ont appelé car il est rare de trouver les gens qui ont été à l’école chez nous. Ainsi, lorsque j’ai été retenu dans le projet, Ndokobai Dadak nous a donné beaucoup de formation pour travailler avec l’ordinateur, utiliser les appareils photo et les enregistreurs de sons »

Peux-tu nous parler des personnes qui travaillent dans le projet

«Dans le projet, nous nous retrouvons chaque matin pour travailler avec les personnes suivantes : Ndokobai Dadak, Kawake paul, Kedjewe Jacob, moi-même,  Dabla Kebehey, Ltouteved Ezechiel, Tahbai pierre, Ngecmey, Ngoleng , Abdou Nasoudam, Mtsila , Kendele Jean Paul, Kamtsafa Meverkede, Kebehey Maslamta, Kusek Kezelmey, Tahbai Esaie , Kabai Robert.  Kendele jean Paul et  Ltouteved, sont souvent appelés à voyager jusqu’à Maroua pour travailler avec le linguiste dans la grande ville. »

 Quel type de formation avez –vous reçu en linguistique et dans le domaine de la documentation linguistique ?

« En linguistique, le linguiste m’a formé pour l’aider dans le dépouillement et  l’analyse des données. Je suis formé dans le domaine de la traduction de mot à mot. Je suis aussi formé pour utiliser l’ordinateur et faire entrer les données dans la machine  »

Que penses-tu de ce projet ?

« Je pense que  le projet Tchouvok va aider toute la communauté Tchouvok dans le domaine d’alphabétisation pour nous sortir de l’analphabétisme. »

Quel impact croyez-vous que ce projet va avoir / a eu sur la communauté ?

« Le projet a permis de changer les mentalités avec la publication des brochures sur le SIDA, le choléra et sur les pratiques agricoles. Je crois que ce projet va nous aider davantage pour mieux comprendre le monde »

Quel est votre mot ou phrase favori dans votre langue et pourquoi ?

«Mon mot favori est  [megweɗey]   «  le fait de parler ». Le mot-ci est mon favori car parce que parler c’est pouvoir exprimer ce que l’on ressent ou désire. »

Quelle a été la meilleure chose à propos de votre implication dans le projet d’ELDP?

« Ma meilleure chose  dans le projet c’est de pouvoir lire et écrire en ma langue à travers l’alphabétisation. Je peux aussi manipuler l’ordinateur et l’appareil photo.»

Quels sont vos espoirs pour le devenir de votre langue

« Mon espoir pour la langue cuvok c’est de voir tout le monde dans ma communauté puisse la lire et l’écrire»

Thank you, Dadak, Pierre, Ezechiel, and Felix! To learn more about this project and the Cuvok language, visit the ELAR catalogue at: https://elar.soas.ac.uk/Collection/MPI663110

Community Member Bio: Simeon Angel Martínez Torres, Pech Community (Honduras)

Claudine Chamoreau is an ELDP grantee studying the Pech language of Honduras (ISO639-3:pay).  This highly endangered Chibchan language has around 300 speakers and is no longer spoken by young people.  In addition to producing a descriptive grammar, Claudine’s research aims to produce a large digital corpus including transcribed recordings of ceremonial speech and descriptions of cooking and medicinal practices.

Claudine has generously shared some rich snapshots of her work with this language community.  First up, a biography of one of her main language consultants, the teacher and language activist Simeon Angel Martínez Torres.

Working on the project with A. Martínez, C. Chamoreau and J. Hernández (2014)

Simeon Angel Martínez Torres was born on October 25, 1980, in the municipality of Culmí, Department of Olancho, in a small hamlet called El Naranjo. His father Don Hernan Martínez Escobar and his beloved mother Juana Hernandez Carolina had eight children, five girls and three boys. Angel learned to work while very young, as an agricultural labourer with his father. He entered primary school in 1990, where he was an outstanding student in all areas. His teachers were always his guides, and aroused his enthusiasm for teaching from his earliest youth; his teacher Roldan Lopez particularly encouraged him to enter that fine profession.

Claudine Chamoreau, Ángel Martínez, Juana Hernández, Danilo Lugo Mendoza, Nimer López García. Members of the project team working on Pesh dialectological comparison (2016)

Angel, determined to become a teacher, undertook various work activities in his teens to enter secondary education in 2000 at the “Encuentro” institute in the city of Catacamas Olancho. In 2003, he entered the “Matilde Córdova de Suazo” Mixed Normal School in the municipality of Trujillo, Department of Colón. In 2005, Angel achieved his greatest dream, becoming a primary education teacher. He encountered many difficulties, but his persistence was rewarded. He now has a degree in Basic Education, having graduated from the “Francisco Morazán” National Pedagogical University.

Ángel Martínez showing pictures in La Laguna (2015)

Angel belongs to an indigenous group, the Pesh. He knows a lot about the Pesh culture, and speaks the language of this group. In 2011 he met Dr. Claudine Chamoreau who was interested in working with the Pesh to learn more about their language and culture. In 2013 he began working on the Pesh language documentation project in order to create a body of documentation and information on this language and its culture. This is very important for him, as the Pesh language is in danger of extinction. He saw that the project was a good opportunity to affirm his culture and support the continued existence of his language. We now have positive results: we have recorded questionnaires, stories, and conversations, among other things, to add to the body of information that has been collected by the project over a three-year period.

Ángel Martínez (April 2012):

“Yes, understand that this is a crisis, a cultural crisis we are experiencing, we Pesh, as an ethnic group. There are many factors that influence the loss of culture, the loss of identity and speech – discrimination, religion, school. Our language is not accepted in public places, there is no government support for it, so parents do not want to speak their language to their children; all this is troubling.”

“This is our identification, 100 percent, because if I say I am Pesh, and I do not speak the language, practically there is no proof to make you believe that I am Pesh, because when I am in Trujillo, like anyone else, people can simply say ‘He is not Pesh.’ So, how am I going to identify myself? Through my tongue, the authentic language.”

To learn more about the Pesh language and community, visit Claudine’s deposit in the elar catalogue at: https://elar.soas.ac.uk/Collection/MPI971076